Violette texte de Laurent Juvecet Image de Cris
Violette texte de Laurent Juvecet Image de Cris
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Violette


En découvrant le sexe de maître Igor dressé au cœur d’un buisson de boucles déjà grisonnantes,
Mademoiselle Violette sent monter en elle un sentiment attendrissant.
Elle enserre d’un bras le chorégraphe et l’attire à elle.
Du bout de son ongle verni elle commence à dessiner sur lui des arabesques délicates.
La jeune femme est heureuse de percevoir les vibrations de ce pénis arque bouté, tendu vers elle.
Les mains de maître Igor caressent les cheveux cuivre, suivent le contour de son visage .
Elle ramène son bras et le titille de la pointe de sa langue.
L’odeur franche de l’homme lui plaît. Lorsqu’elle glisse sa main dans le taillis de poils frisés,
le souffle du chorégraphe s’assourdit et il laisse échapper des mots incompréhensibles, qui sonnent étrangement.
Concentrée, Mademoiselle Violette les enregistre sans y prêter attention.
Sur une pression de l’homme, elle ouvre ses lèvres et le prend dans sa bouche.
Les doigts de maître Igor ont glissé derrière ses oreilles,
à cet endroit critique, en lui imprimant un ferme mouvement.
La langue de la danseuse le suit, et, à chaque impulsion, elle sent le gland gorgé de vie emplir toute sa bouche.
Ses mains se sont rejointes, faisant aux testicules un nid douillet.

A un moment, le chorégraphe se dégage, presque brutalement.
La clarté pénètre dans la chambre par la fenêtre ouverte sur la rade,
le profil de la jeune femme se découpe sur la lumière orangée des réverbères, reflétée par la mer.
Maître Igor caresse le débardeur de Mademoiselle Violette avec le dos de la main,
frottant les seins à travers l’étoffe, et glisse ses doigts entre la peau laiteuse et le pantalon noir.
L’homme a un peu de mal à faire descendre le tissu élastique le long des cuisses de la danseuse,
retirant aussi le slip dans le même geste ; il ne lui enlève pas les chaussures.
Le chorégraphe retient de justesse un aboiement, en relevant les yeux : elle a vraiment un cul admirable.
Il le souligne du plat de ses mains, et demande à la jeune femme d’aller s’appuyer à la fenêtre.
Mademoiselle Violette n’hésite pas : à petits pas, elle trotte vers le rectangle lumineux ; posant ses coudes sur l’appui de pierre,
elle observe que la mer est en train de redescendre.

Maître Igor reste un long moment immobile, fasciné par la silhouette à contre-jour qui l’attend à quelques pas.
La lumière irise la chevelure de la jeune femme, ses épaules s’arrondissent pour se fondre dans le flou des rideaux.
Il devine à peine la cambrure des reins, et la ligne de séparation des fesses se perd dans le noir.
Le chorégraphe se reprend et se dirige vers cette jolie fille. Au dernier moment,
il ne peux résister à l’envie de claquer la croupe émouvante. Glissant une main sous la cuisse de la danseuse, il la remonte pour caresser le pelage soyeux, suit d’un doigt le doux plissement jusqu’au sommet des fesses.
La jeune femme frémit comme une pouliche. Il se guide de la main ; ce n’est pas si facile.

Une vague de douceur envahit Maître Igor. Mademoiselle Violette mord sa lèvre,
elle commence à rouler des hanches avec de petits cris de chatte, déclenchant un murmure léger.
Sur la pointe des pieds, une main sur l’épaule de la danseuse, l’autre agrippant sa chevelure, le chorégraphe se met à aller et venir vigoureusement, le souffle rauque, la bouche pleine de grossièretés.
Dégrisée, la jeune femme essaie de se concentrer sur un plaisir qui se mêle de brûlures.
Devant eux, les vagues clapotent régulièrement.
Pendant un court instant, leurs deux regards se posent sur l’infime ligne d’horizon qui sépare les bleus sombres de la mer et du ciel.

Maître Igor hurle un court aboiement, puis se retire brusquement,
en s’accrochant au rideau qui se déchire, entraînant dans sa chute la tringle et la cantonnière.
Il jure dans une langue bizarre. Mademoiselle Violette se retourne, chancelante :
elle le voit, assis au bord du lit, qui retire son préservatif et le jette dans la corbeille à papier.
Elle croit même le voir s’essuyer au revers du drap.
L’homme se rhabille rapidement, se tourne en direction de la porte, hésite, revient vers elle, lui souffle :
« Au revoir, cher Amour. »
Il lui adresse un baiser sur la pointe de ses doigts et quitte la pièce en refermant la porte derrière lui.

La danseuse, seule au milieu de la chambre, se sent submergée par le doute.
Avant le grincement de la porte d’ascenseur, elle entend dans le couloir un sifflotement guilleret.
Elle envoie valdinguer la lampe de chevet, qui explose au milieu de la pièce.
Après s’être complètement déshabillée, Violette s’enferme dans la salle de bain.
Le claquement de la porte fait trembler l’hôtel.



© Laurent Juvecet

© Septembre 2005.Sophienet.net. Tous droits réservés.

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