Mère amère texte de Cali Rise image Cris


Sombre prière


Cela fait si longtemps que je vous attends, à genoux dans l’air frais et la lumière tiède.
Mon esprit s’envole vers les branches extrêmement ramifiées de mes fantasmes.

Comme à chaque fois que nous décidons de jouer, tu deviens vous. C’est ainsi. Excitant et envoûtant.
Je n’ai jamais vraiment expliqué ce pourquoi du comment et à vrai dire...

L’église est désertée depuis des lustres et la campagne. J’ai abandonné dehors le soleil et ses clins d’œil.
Oubliée ma fine robe de coton, mes dessous de dentelle. Si je m’attarde à écouter le bruit des pierres,
j’entends les chuchotements de ceux qui sont passés ici avant nous. Leurs soupirs et leurs rires.
Leurs délires et leurs prières.
Lieu de culte pour les uns. Lieu de... pour les autres. Cela me fait sourire.

Je laisse couler mes pensées et le ruisseau. La caresse de l’attente devient palpable. Pour un peu,
je me concentrerais sur mes jambes qui s’ankylosent. Les paupières toujours closes,
ma voix intérieure se met à chanter et les petites flammes. Alors que je suis dos à l’entrée,
encore faudrait-il que vous passiez par ce même chemin, je vous vois arriver à moi.

A pas de félin nonchalant, vous avancez vers l’autel. Vous portez une mallette contenant plusieurs accessoires et les battements. Méthodiquement, les objets de plaisir sont alignés sur la pierre froide. Peu nombreux en fait.
Vous avez opté pour une corde, une cravache, des boules de geisha.
Mon ventre déjà commence à s’émouvoir mais je ne bouge toujours pas.

A peine si mes lèvres chuchotent votre prénom. J’aimerais que vous entendiez l’intérieur de mon corps vibrer au rythme de mes désirs.
Le bruit de vos pas s’est éteint et l’attente.

Je sens votre regard appuyé sur ma nuque qui, docile, accentue l’arc que vous aimez tant.
Vos yeux embrassent mes hanches qui d’impatience se mettraient presque à danser sans attendre la musique claquante du cuir lécheur. Toujours je divague et la note.

Le crissement de vos semelles sur les vieilles dalles m’indiquent que vous êtes enfin là.
Le sac choque l’autel et tchin. Ma peau s’échauffe au moindre son qui retentit dans cet édifice.
Deux pas plus loin, le tissu du bas de votre pantalon frôle mes chevilles et l’affolante excitation.
Accroupi derrière moi, votre main ondule sur mon épine dorsale et je ne cesse de prier.
Vos lèvres mordent le creux de mon cou pendant que vos mains enserrent mes seins lourds des caresses avenir.

Le bal de nos envies ne fait que commencer.

Mais qu’y a t-il donc dans ce sac ? Je ne pense plus à rien d’autre qu’au souffle de votre chair qui se mélange à la mienne...


© Cali Rise


© juin 2006.Sophienet.net. Tous droits réservés.

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